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 Philémon Ornasti

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Philemon Ornasti

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MessageSujet: Philémon Ornasti   Dim 30 Nov - 21:34

CARTE D'IDENTITE


Nom : Ornasti
Prénom(s) : Philemon
Nationalité : actuellement américaine, autrefois italienne
Race : vampire
Age :276 ans, en apparence entre 25 et 30 ans
Emploi et/ou occupations : membre du clan des vampires

  • Chapitre I :

    Et dire que quelques jours auparavant, il se serait encore réjouit de sentir ces odeurs à la fois rares et familières. Le sel de la mer, les fragrances des plantes méditerranéennes et des arbres de Sicile, la chaleur minérale de la roche chauffée par le soleil… Ce même soleil qui quelques jours auparavant, ou était-ce une éternité, ne blessait pas ses yeux, dont les rayons estivaux ne faisaient pas réagir sa peau comme si elle était soumise à un filet métallique chauffé à blanc. Un filet fin aux ramifications complexes et aussi tortueuses et belles que l’était le réseau sanguin d’un homme à la gorge du quel il s’accrochait encore malgré que le cadavre fût désormais aussi desséché qu’une feuille morte. Son corps à lui tremblait tout entier sous l’action incontrôlable de ses nerfs, sans qu’il ne sût pourquoi, sans même qu’il ne se le demandât, les sombres mèches de sa chevelure balayait la poussière du sol. A ce moment là, la seule chose dont il semblait pouvoir être conscient était l’ombre bénéfique de ce petit abri de pierre dans lequel un berger s’était malencontreusement réfugié.
    On aurait été effrayé à moins… L’apparition sanglante à la démarche à la fois hésitante et décidée comme ivre, les yeux fous en auraient poussé plus d’un à la fuite. Une fuite vaine, si vaine,… Si vaine… C’en était presque drôle, vraiment,…. Douce ombre. Comme l’avait été la fuite des soldats, oui, si vaine… Et le sang chaud… Sa conscience s’en allait comme l’ombre se faisait plus protectrice à mesure qu’au dehors le soleil disparaissait, ses souvenirs remontant d’autant au travers du flou qu’avait été son esprit depuis cette nuit. Si vaine…

    Comme l’avait été celle du jeune sicilien cette nuit dont il n’avait, enfin, vraiment souvenir que dans ce sommeil qui le prenait. Comment en était-il arrivé là ? Sa mémoire allait si vite désormais laissant se dérouler maints paysages derrière ses paupières, des terres et des rivages, des mers et des rivières. La noblesse ne suffisait plus, l’or ne remplissait plus les coffres et les estomacs étaient trop souvent vides. Le seul emploi qu’un noble pût accepter même s’il faisait partie des plus petits, en dehors de la guerre, qui apporte plus de ruine que de richesse, c’était la Mer. La protection du commerce florissant en Méditerranée… De nombreux langages s’entremêlaient dans ses pensées brouillonnes comme autant de visages qui n’avaient plus de nom. Des chevaux, des mats, des voiles… Des femmes.. Des armes… Non, protection n’avait pas été un vain mot, elle avait été nécessaire. Mais en fin de compte, insuffisante. Les coffres s’étaient remplis, mais comme le tonneau des Danaïdes, il s’était vidé de nouveau, il lui semblait le voir de ses propres yeux. Et puis le père s’était éteint, la propriété une telle ruine que l’on n’en pouvait plus rien tirer. Le fils semblait s’être noyé dans les jeux où il trichait avec un esprit de la manipulation sans morale ni réelle méchanceté non plus. Mais dans ce genre de lieux on boit aussi, surtout lorsqu’on perd toute foi, en Dieu ou en l’Humanité. Et parfois trop. Parfois même on se vante, on se bat, on tue. Parfois aussi peu patriote que l’on puisse être, on crie à la liberté par pure provocation au nez des soldats dont les chemises écarlates marquaient bien le statut d’envahisseurs qu’ils étaient, soutenant britanniques qu'ils étaient, le soi-disant roi Ferdinand, un Bourbon, un comble. Et parfois, ou plutôt si rarement que cela semble être un coup du sort, on ne vous laisse pas mourir, on vous tue une deuxième fois et on vous laisse dans un lieu où il est probable que votre éveil promettra un spectacle certain, ou peut-être pas. Peut-être n’était-ce qu’un mauvais hasard ? Peut-être quelque chose s’était-il mal passé ?

    Comment savoir ? C’était tout juste s’il se souvenait vaguement des yeux sombres, du sourire carnassier. Comment comprendre pourquoi ? Ou même tout simplement : quoi ? A la douleur effrayante, qui l’avait consumé et où il avait cru perdre l’esprit, à l’impression de sentir son corps se dégénérer comme si les outrages du temps sur les cadavres lui avaient été infligés à une vitesse malade, à cette combustion avait succédé l’incompréhension, la peur, la faim… Ses sens trop aiguisés lui avaient donné comme le vertige. Le souvenir de cette impression de mort aurait du lui donner la nausée, mais les sensations-mêmes de son corps semblaient s’être transformées au point qu’il ne comprenait plus toutes les informations qu’elles lui transmettaient. Mais ça n’était rien, rien comparé à la découverte du lieu où il se trouvait. A l’époque, il ne faisait pas bon se trouver au beau milieu d’un camp de « Bourbonnais», énervées par les attaques sporadiques mais exténuantes pour le moral et les nerfs, auxquelles se livraient les Siciliens refusant de se soumettre au roi italien. Des « Bourbonnais » qui voyaient des espions partout. Mais impossible de sortir de ce chariot de vivres sans se faire remarquer. Et pour cause ! On garde bien de telles réserves quand on est en pays hostile. Mais on entrerait à un moment ou à un autre. Maudits soient-ils. C’était déjà à eux qu’il devait mauvais coups et humiliations. S’ils avaient eu l’air d’être conscients de sa présence, Philémon aurait même pu croire que c’était eux qui l’avaient mené ici, que ce visage aux yeux si sombres n’avait été qu’un mauvais rêve et que toute la souffrance dont son corps gardait encore la mémoire n’avait été le résultat que de méchantes tortures. Ça avait été une incompréhension de plus. Comme de la facilité qu’il eut à se cacher dans les recoins de ce chariot fermé de bois, dans les tonneaux vides, humiliation encore, ignorant de ses capacités nouvellement acquises. Comme du dégoût et du rejet qu’il ressentis lorsqu’il tenta de manger en se servant dans les réserves qui l’entouraient malgré une faim qui commençait même de lui dévorer l’esprit. D’autant plus facilement qu’il ne comprenait rien.
    Ce fut l’incompréhension encore qui le poussa à lutter avec désespoir contre son instinct qui lui dictait de s’abreuver à la gorge de la sentinelle qu’il venait d’égorger avec une discrétion dont il ne se pensait pas capable quand la peur et la faim s’étaient faites trop grandes au point de le pousser à quitter son « « abri » à la faveur de la nuit. Mais ce qui lui restait de volonté était alors humain et était révulsé à l’idée de boire le sang d’un congénère, cela lui semblait la marque d’une folie plus monstrueuse que la mort. Cela sentait si bon pourtant… La salive lui venait aux lèvres et paradoxalement il se sentait la gorge et les gencives terriblement sèches. Ce fut un effort qui lui coûta beaucoup de ne pas s’agenouiller… Non en vérité, il s’était bel et bien agenouillé, et l’ayant réalisé soudainement s’était enfui.

    Las, ce n’était que le commencement. Il avait cru reconnaître un paysage qu’il avait parcouru étant humain au milieu des brumes que la faim faisait naître dans son esprit éprouvé. Mais en tant qu’humain comment aurait-il pu deviner que le sol qu’il parcourait désormais sans trop savoir où se diriger était le territoire de ceux qui étaient devenus en une nuit ses ennemis ? Quoi qu’il en soit, son nouveau corps lui permit de comprendre dès le premier hurlement qu’il ne s’agissait pas d’un loup normal qui appelait et que quoi qu’étaient réellement ces prédateurs, c’était lui la proie. De nouveau frayeur, de nouveau douleur. Des griffes et des crocs sous la lune pleine et rutilante, indifférente au spectacle qui avait lieu sous ses rayons diaphanes. S’échapper, se faire rattraper. Un cycle épuisant où la frayeur se diluait dans la souffrance. Et la haine… Qui toujours avait été là, se nourrissant des frustrations de toute une vie, de l’aspiration à plus. Bien tenue en laisse jusqu’alors, malgré l’étrange plaisir ou l’excitation qu’il avait pu ressentir à se battre en mer, en sus de la peur que ressentent tous ceux qui mettent ainsi leur vie en danger, quand bien même rares sont ceux qui en parlent. La Haine avait été bien nourrie ces derniers temps, au point de supplanter la simple peur. Non pas qu’il s’arrêta de fuir, l’instinct le lui interdisait formellement. Mais au moins lui permit-elle de faire preuve d’assez de sauvagerie pour se débarrasser de la bête qui l’avait rejoint. L’avait-il tué ? C’était peu probable étant donné son âge, son inexpérience, sa solitude. Et c’était sans importance pour la créature sans réelle volonté qu’il était devenu. Seule comptait la douleur qu’il avait pu infliger. Et à présent il fuyait de nouveau, mais il semblait que la rage lui était devenue un moteur autrement plus puissant que la peur qui taraudait ses entrailles, la surpassant au point de ne plus l’entendre. Peut-être était-ce ses sens qui l’avaient mené directement sur ce petit détachement d’éclaireurs, un peu espacés pour couvrir plus de terrain. Combien de temps avait-il couru ? Il ne sentait plus les « loups » sur ses talons. Mais il y avait ces hommes, Ses hommes, et lui n’en était plus un, n’y pensait même plus.

    La découverte du plaisir du sang lui fut plus extraordinaire que celle des bras d’une femme, peut-être parce que jamais imaginé, ni même soupçonné. Un par un… Quant à la poursuite de deux fuyards qui avaient trouvé le temps de s’éloigner assez… La chasse… Il n’avait plus faim pourtant. Du moins plus physiquement. A présent c’était la rage qui demandait son tribut. Et il lui fut dûment payé. Chaque goutte de sueur et de sang versé l’éloignait de son ancienne condition, lui donnant tout à la fois l’impression délicieuse de s’élever et de tomber, le calmant, l’apaisant étrangement, au point qu’à la fin il se sentait presque entré dans une transe… artistique ? Philémon perdit tant la notion du temps à infliger une souffrance dont il se gorgeait avec délice qu’il fut surpris, par les rayons du soleil. Désagréables. Pourquoi ? Cette question était la première marque de retour à la conscience depuis plusieurs heures. C’était comme d’approcher trop ses mains du feu. Et puis il sentait de nouveau l’odeur qui l’avait tant effrayé un peu plus tôt, sans doute attiré par l’odeur du sang ? C’était de nouveau la fuite, rapide, puis lente, puis errante et épuisée… Si vaine…

    Sur le sol de pierre froide, le mal de crâne lancinant que le soleil avait fait naître disparaissait peu à peu, sa peau fourmillait encore mais c’était sans importance. Sans importance d’être autre, sans importance de ne pas comprendre. Il se sentait si bien désormais… Il était une créature toute neuve, et ce qu’il avait pu être auparavant n’avait plus aucune importance.


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MessageSujet: Re: Philémon Ornasti   Mar 2 Déc - 23:32

  • Chapitre II :

    L’odeur cuivrée était toujours aussi plaisante. Peut-être moins à présent que sa chaleur disparaissait rapidement. Mais la très légère ivresse que Philémon ressentait n’avait rien à voir avec le plaisir de la chasse : par un soir de Noël, il était encore plus difficile de trouver dehors, un homme qui n’eut pas plus ou moins cédé à la chaleur de l’alcool. Ils étaient déjà rares à pareille heure, à n’avoir pas choisi ce moyen pour se protéger du gel hivernal de Russie. Les évènements s’étaient enchaînés comme ils l’avaient fait pour des milliers d’autres nuits. Le vampire s’était posté en un lieu où les effluves semblaient se donner rendez-vous, un carrefour olfactif. Où il fallait démêler chaque fragrance, comme un écheveau insaisissable. Trouver le fil que l’on désirait. Ce qu’il avait peut-être de moins commun avec les autres prédateurs, c’était qu’au lieu de chercher le plus faible individu du groupe, Philémon recherchait celui qui serait en pleine santé, celui qui offrirait un sang riche et sans arrière-goût écœurant de miasme, d’infection. Mais comme les autres carnivores, il recherchait la proie isolée où celle qui pouvait le devenir rapidement. Son odeur captée il fallait remonter la piste, évaluer l’environnement. Il ne s’agissait pas simplement de tuer, encore fallait-il le faire avec assez de discrétion pour ne pas éveiller les soupçons des hommes ; si le soin de sa propre tranquillité ne suffisait pas à le motiver à ce sujet, le respect des directives de Yacinthe faisait le reste. Quoiqu’il en soit, il ne suffisait pas non plus de se sustenter, encore fallait-il en plus y prendre un plaisir carnassier. Aussi aimait-il à effrayer sa victime pour la faire fuir, la mener avec doigté exactement dans le lieu qu’il avait choisi pour l’y mettre à mort en un jeu cruel de course-poursuite, de cache-cache dont la fin était quasiment inévitable.

    Malgré l’alcool que charriait le sang fraîchement ingurgité, ses sens perçurent une odeur associée immédiatement à de l’animosité. En dépit de la neige qui étouffait tout, il lui semblait même entendre s’approcher l’être dont l’exhalaison l’avait figé, le sol gelé crissant légèrement sous des pas discrets. Ce qui signifiait qu’il n’était pas loin. « Il », c’était certain, car Philémon avait reconnu de qui il s’agissait… Venu de si loin… Juste pour lui… Ses lèvres gourmandes s’étirèrent inconsciemment en un sourire que beaucoup auraient qualifié de cruel, un fin sourire qui n’aurait d’ailleurs guère surpris ceux qui le connaissaient. C’était si rare d’être celui que l’on chassait, même si le vampire ne comptait pas une seule seconde finir comme le cadavre à ses pieds. Sans empressement il se retourna, ses yeux tombant alors sur une silhouette qui s’immobilisa dans l’encadrement de la ruelle, à moitié éclairé par la lumière tremblotante qui tombait d’une fenêtre un peu plus haut. Ceux qui habitaient là en avaient tant vu durant leur vie misérable qu’il était douteux qu’ils cherchassent à savoir ce qui se passait dans leur rue : au moins avaient-ils assez vécu pour savoir qu’il ne vaut mieux pas se mêler des histoires des autres. C’était d’ailleurs bel et bien parce qu’il le savait que Philémon se trouvait à cet endroit précis.

    Bien qu’il fut en apparence parfaitement calme, peut-être même amusé par l’apparition du loup, il n’en restait pas moins que montait lentement l’habituel mélange d’excitation et d’appréhension qui font les assauts entre êtres d’une force égale. C’était un peu comme de jouer sa vie aux dés. Cela ne l’empêcha pas de répondre à la haine qui brillait dans les yeux fixés sur lui par un sourire un peu hautain, arborant toujours cet air mauvais. Il n’y aurait pas de quartier. Pour des raisons parfaitement opposées, ni l’un ni l’autre ne laisserait l’autre s’en sortir sans blessures profondes s’il prenait le dessus. Philémon parce qu’infliger la douleur semblait être devenu partie intégrante de sa personne. Le loup parce que la vengeance appelait la souffrance de celui qui lui avait fait perdre sa chère et tendre.

    Le vampire gardait un souvenir léger et plutôt satisfait de cet épisode. Il y avait eu cette femme, comme souvent, trop auraient dit certains. Mais que voulez-vous, on ne change pas sa nature, ceux qui s’y essayent le paient chèrement en général. La fille n’avait pourtant pas grand chose de plus que les autres à part ses longs cheveux de boucles brunes et ses yeux qui semblaient faits d’encre liquide. Il s’en serait sûrement défait rapidement si… S’il n’y avait pas eu cet amoureux éploré, un lycan qui plus était, l’ennemi ancestral autant que personnel depuis la nuit de fuite éperdue qui l’avait révélé à lui-même. Un loup seul et n’appartenant à aucun clan parce que justement trop attaché à cette petite gourde qui lui en faisait voir de toutes les couleurs. Le genre de femmes qui méprise ceux qui leur offrent tout, alors même qu’il aurait fallu au pauvre homme une jeune fille aussi pathétiquement romantique que lui. Quel amusement cela avait été de voir le loup s’abîmer de jalousie quand la jeune brune lui préféra un vampire… Un vampire qui lui, était protégé par un clan. Et pour ne rien arranger, l’homme avait trop de fierté pour vouloir conquérir la belle en tuant son rival… Ou trop réaliste pour se douter que c’était sûrement le meilleur moyen de la perdre définitivement. Mais il avait été plus doux encore de voir la brunette souffrir à son tour lorsque Philémon l’avait poussé avec subtilité au désespoir, alternant périodes d’apparent désintérêt et indifférence pour elle, avec moments de toute aussi apparente passion. Et puis était venu ce jour si attendu, si bien mis en scène, où Philémon, avait eu la preuve qu’il avait bien choisi son moment pour lui révéler une deuxième maîtresse. Où la pauvre sotte en avait désiré sa propre mort. Où elle avait échoué à se la donner, trop douillette qu’elle était, et quelle ivresse ça avait alors été de « l’aider ». Mais qu’elle eut cherché à se suicider restait une évidence et une blessure ineffaçable dans le cœur du pauvre loup.

    Tant qu’il était là, après des décennies de traque de celui qui avait broyé son faible espoir de bonheur avec une jouissance sans remord, les muscles puissants frémissants sous la fourrure, la silhouette monstrueuse semblant n’attendre que le moment de briser la nuque de sa proie. La neige en aurait fondu avant même de le toucher.
    En dépit de la rapidité du bond de la bête celui-ci était par trop prévisible depuis le début pour que le vampire ne puisse l’éviter. De peu… Il en sentait encore l’haleine chaude de la gueule passée à quelques centimètres. Ce n’était pas seulement par réel amusement qu’il rit de ce premier échec. Le vampire savait à quel point faire preuve de mépris pouvait rendre rageur un adversaire, au point de lui faire perdre objectivité et réflexion, si utiles lors d’un tel dueL Mais naturellement cela décuplait aussi la férocité, et le fait qu’il tenait désormais un couteau à la lame argentée en main prouvait assez que le vampire était nettement moins assuré de sa victoire que le rire le laissait entendre, nettement plus prudent que sa nonchalance affichée ne pouvait le laisser penser. Nul doute d’ailleurs, que la vue de l’arme fut la seule raison pour laquelle le monstre ne bondit pas immédiatement après son premier roulé-boulé ayant fait valser des gerbes de neige. Mais les regards échangés valaient bien des coups.

    - Tout ça pour cette fille…

    De nouveau le ton semblait déplacé par rapport à la situation, presque songeur. Il n’eut pour toute réponse qu’un grondement menaçant et un nouveau saut. De nouveau il esquiva, bien que pas aussi bien, la brûlure à l’épaule d’une plaie légère mais longue le lui disait assez. Quant à lui il n’avait pas fait mieux que de raser de près la sombre fourrure, faisant tomber quelque poils épars sur le tapis gelé. Mais était-ce une preuve de folie, de fierté, de stratégie ? Le vampire reprit ses provocations de plus belle.

    - Elle ne t’aimait même pas. Souffrir pour une petite dinde qui ne fut même pas à la hauteur des désirs qu’elle pouvait exciter chez les hommes…

    Ce n’était plus un simple grondement qui s’échappait de la gueule fumeuse d’une vapeur due au froid. C’était un véritable grognement, et bizarrement pas seulement de fureur, la douleur s’y sentait aussi. Assez pour élargir le sourire de Philémon, assez pour le déconcentrer suffisamment pour que cette fois le monstre réussisse parfaitement sa trajectoire, le plaquant au sol avec violence. Sous-estimé… Le lycan devait finalement être plus vieux que lui. La force du choc lui avait fait perdre son arme : même à quelques centimètres de ses doigts, le vampire n’était pas suffisamment libre de ses mouvements pour pouvoir s’en emparer et porter un coup qui aurait été salvateur. Et de toute manière il avait bien mieux à faire, comme de retenir la mâchoire qui cherchait sa gorge, de tout faire pour ne pas tenir compte des griffes qui lui labouraient la peau. Pourtant il continuait de susurrer son poison aux oreilles du lycan, mélange de vengeance dans le cas où cette nuit devait être sa dernière, de torture mentale pour obtenir cet étrange plaisir qu’il avait à voir les yeux dorés déchirés par tant d’émotions, d’essai désespéré de déconcentration d’un adversaire en si bonne position, du paradoxal déni de la possibilité d’être vaincu, à la joie sauvage de savoir que même s’il devait mourir, le lycan ne serait pas, ne serait jamais libéré de ses tourments.

    Le son avait été aussi soudain qu’assourdissant pour ses oreilles fines. Mais ce qui l’avait fait réagir ce fut la sensation brutale de libération, le corps du monstre tombant lourdement sur le côté. Ce fut rapide, le geste qui le fit s’emparer du long coutelas d’argent s’acheva avec fluidité dans la gorge qu’il ouvrit sèchement, le sang tachant aussitôt la neige en chauds bouillons. Or perdant peu à peu de leur chaleur contre bleu glacé qui semblait être la cause de ce gel... Philémon était aussi attentif aux derniers moments de vie de son chasseur, aux derniers soubresauts qu’à la possibilité d’un dernier essai de se battre, sa main prête à retirer la lame de la gorge où elle se tenait pour la plonger dans la poitrine. Ses paroles s’étaient faites plus lentes mais plus acides. Plus basses aussi. Elles cessèrent avec la vie du lycan et l’arrivée de celui qui avait sauvé le vampire. Lequel leva les yeux vers ce sauveur inattendu.

    Un homme chaudement vêtu, mais qu’on devinait de forte carrure, fusil en main. Par ce temps, faire usage d’une telle arme était suffisamment peu précis pour qu’on eut pu le féliciter d’un superbe carton. Mais le nouveau venu continuait d’avancer lentement, jetant des regards soupçonneux au monstre abattu. Ô combien compréhensible. Combien d’hommes avaient-ils vu de telles bêtes ? Combien y avaient survécu ? Tout sauveur qu’il fut, il ne fit pas partie de ceux qui raconteraient plus tard leur découverte, le vampire s’en étant sustenté autant pour éliminer ce témoin que pour satisfaire la soif qu’avait provoqué ce combat plus éprouvant qu’il n’avait eu la fierté de le montrer. La neige continua de tomber. Même après qu’il eut fait disparaître les cadavres. Même après qu’il se fût enfoncé dans les ténèbres, empli de calme, paisible, songeant presque avec nostalgie à cet adversaire coriace qui était mort si bêtement…

    La neige tombait toujours quand il découvrit quelques nuits plus tard, celle qui deviendrait sa poupée russe, celle qu’il s’amuserait à appeler « baboushka ».


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MessageSujet: Re: Philémon Ornasti   Dim 7 Déc - 15:08

  • Chapitre III :

    Au moment où il fermait la porte de son appartement derrière lui, le vrombissement sourd d’un boulet versaillais chauffé au rouge, comme un mortel bourdon écarlate, s’acheva dans une détonation assourdissante. Un moment ses pensées semblèrent s’être définitivement envolées. Même en tant que vampire, le souffle de l’explosion toute proche l’avait projeté avec violence contre le mur, sonné. Malgré cela, il se releva avec une aisance que n’aurait pu montrer un mortel. Et pour cause : les vitres avaient si bien implosé que son corps exigeait avec véhémence qu’il retire au plus vite les bris qui s’étaient enfoncés profondément dans sa chair. Depuis le temps que La Commune avait commencé et malgré son « implication » plaisante, dans les échauffourées, rixes et véritables combats de rue qui avaient eu lieu, c’était seulement maintenant, et dans de si absurdes circonstances que son propre sang coulait enfin.

    Tandis que ses doigts se débarrassaient des éclats de verre avec un mélange d’agacement et de douleur fugace qui donnaient à ses gestes un air sec et nerveux, son regard erra au travers de la pièce évaluant les dégâts, pour tomber finalement sur... Comme il avait l’air grotesque désormais cet automate, son bras s’agitant bizarrement comme le mécanisme qui le régissait voulait absolument qu’il s’élevât malgré le sol contre le lequel il avait été plaqué. Le bruit même que la petite machine émettait avait quelque chose d’aussi pathétique que grinçant. D’autres en pareille situation se seraient désolés de la perte de ce petit bijou de modernité, alliant science et art, danseur mécanique et élégant pour lequel, ma foi, il avait fallu débourser une bien belle somme durant l’exposition universelle de 1867, amour de l'art et des inventions oblige. Mais non. En vérité, il se passa une chose fort étrange.

    L’observation de ce pantin désarticulé fit naître des souvenirs depuis longtemps et profondément enfouis. Des bribes d’images et de sensations, d’odeurs, le goût du sang. Toutes écœurantes. Souvenir d’effrois, mémoire d’abîme. Et... Avec fureur, Philémon repoussa l’afflux d’informations qui voulait se frayer un chemin jusqu’à sa conscience. Non il n’avait pas la moindre envie de savoir ce qui s’était exactement passé entre le moment où il avait cessé de vivre et celui où il s’était éveillé perdu et vampire. Non il ne voulait plus retrouver le visage de celui ou celle qui l’avait transformé. Non il n’était plus question de comprendre pourquoi ça avait été lui, sicilien sans importance qu’on avait fait naître aux ténèbres. Après tout, cette horreur du passé était telle chez Philémon qu’il commençait même d’oublier ce qu’il avait été humain, un rejet profond et viscéral de tout ce qui se trouvait avant le commencement de sa nouvelle vie, comme si les deux n’étaient pas compatibles. Andrea dell’.... Non il ne se souvenait plus du nom que portait sa famille, tant mieux. Si le prénom pouvait lui aussi disparaître dans les brumes du temps ce ne serait pas un mal non plus. Philémon Ornasti avait été le nom qu’il avait donné au premier vampire qui le lui avait demandé, Odrean. Et il n’avait pas menti par vice, pour une fois. Philémon lui était naturellement venu aux lèvres, nom d’un personnage d’un conte ancien, qu’un vieil égyptien lui avait raconté des décennies plus tôt. Ornasti le patronyme de sa dernière victime. Là, enfin, ces mauvais souvenirs disparaissaient.

    - Quelle rage pour une pauvre marionnette.

    La phrase avait été précédée d’un rire léger mais aux tonalités moqueuses. Cependant la voix eut pour résultat de l’éveiller de l’étrange état dans lequel il avait été brièvement plongé : le vampire réalisa brutalement qu’il venait de réduire en miette ce qui restait du malheureux automate. Peut-être s’était-il définitivement trop saoulé de sang, de douleur et de voluptés ces derniers jours songea-t-il... Mais au moins se sentait-il de nouveau calme lorsqu’il releva les yeux vers la femme dont la silhouette sensuelle se découpait dans l’encadrement de la porte.
    Et quelle femme.... Avec sa chevelure d’un blond de miel et ses lèvres rougies étirées en un sourire ambigu, elle était aussi désirable que la première fois qu’il avait posé les yeux sur elle quelques mois plus tôt. Elle se tenait alors au côté d’un autre vampire. Lorsqu’elle était sortie de la pièce, et seulement à ce moment là, il s’était fait la réflexion que tout chef de clan que l’autre fût, il lui manquait cette espèce de charisme empreint d’un calme et d’un sang-froid qui en imposaient et qui était le propre de Yacinthe Gravers. Et pourtant le diable seul savait si Philémon n’avait guère l’esprit corporatiste. Mais puisqu’il avait fallu se charger de cette tâche bénigne et sans importance...

    Et puis ça n’avait pas été une mauvaise chose finalement. D’un côté Paris s’était embrasé sous la révolte des Communards, de l’autre il y avait Lucrèce, la blonde au corps de femme et aux moues faussement enfantines, qui lui ressemblait tellement dans ses appétits et ses passions. Naturellement Philémon ne lui avait pas demandé pourquoi elle n’avait pas quitté la capitale avec son clan lorsque les choses avaient commencé de devenir violentes, cela ne l’intéressait pas dans un tel moment et les plaisirs que lui offrait les courbes lascives de la vampire ajoutés aux mille et une opportunités produites par la ville en ébullition pour assouvir ses plus cruels instincts, tout cela ne l’avait pas incité, loin s’en fallait, à y réellement réfléchir, comme de se demander si le chef de clan était conscient de ce que faisait sa compagne ou n’y voyait pas d’inconvénient.

    Le vampire se contenta de la regarder, sans se relever comme pour marquer qu’il assumait l’état de rage dans lequel elle l’avait trouvé. Qui l’aurait mieux connu, aurait deviné que ce n’était pas le cas à la flamme défiante qui brillait discrètement dans ses prunelles.

    - Tu pourrais agir selon ta nature sur autre chose que du bois et du fer si tu le désirais.

    Philémon ne put s’empêcher de regarder plus intensément la femme qui s’avançait désormais vers lui avec son habituelle démarche provocante et élégante, volontairement féline. Mais ce qui l’aurait enflammé du désir de toucher et posséder quelques semaines plus tôt était dorénavant trop connu pour qu’il y cédât aussi facilement. Quelque chose dans la manière dont elle avait parlé ne paraissait pas naturel. D’ailleurs ce n’était pas le genre de choses qui la préoccupait autrement, elle n’était pas de celles qui se souciaient du bien-être de ses proches, agissant comme la reine à qui tout était du qu’elle brûlait sûrement de devenir. Une fois encore pourtant, Philémon se contenta de retourner son regard à sa maîtresse.

    Combien il eut raison de se contenter d’attendre... Bientôt Lucrèce se perdit en discours sur ses propres désirs d’indépendance, sur des phrases caressantes pour l’ego de son amant qu’elle voulait comme soutien, sur des projets d’avenir grandiose mais dont elle était, quoi qu’elle tenta pour le cacher, invariablement le centre. Ah qu’elle était convaincante aussi. Nul doute qu’elle savait user des mots, que Philémon ne pût s’empêcher de rêver un temps à une autre existence. Seulement il était trop manipulateur lui-même et avait déjà suffisamment goûté au fruit que représentait le corps de Lucrèce pour être capable de garder assez les pieds sur terre.

    - Tu trahirais ton clan et ton compagnon ?

    A la première question qu’il posa elle eut une moue désapprobatrice suivie d’un sourire plein de défi, son visage tout près de celui de son amant.

    - Crois-tu que je n’oserai pas ? Je suis capable de tout, tu le sais.

    De toute évidence elle n’avait pas compris sa question comme Philémon l’entendait, l’avait pris pour un défi. Après un court silence durant lequel il s’efforça de recentrer son esprit sur une réflexion nécessaire plutôt que sur la proximité tentante de la femme, il reprit :

    - Je le sais. Et je suis supposé... Trahir mon propre clan, je suppose.

    Comprenant alors ce qui le faisait hésiter, Lucrèce recula, son visage prenant un air à la fois déçu et un peu méprisant.

    - Je ne t’imaginais pas lâche au point que ce genre de choses te fasse hésiter.

    Le vampire avait rattrapé sa maîtresse par les poignets. Etant donné qu’elle était nettement plus âgée que lui, le succès qu’il eut à la maintenir ne tenait naturellement qu’au fait qu’elle acceptât de se laisser faire. Mais ils étaient désormais entrés tous les deux dans un jeu de manipulation qui impliquait beaucoup de faux-semblants.

    - Ne me provoque pas. Je ne suis pas un couard, mais je ne suis pas un imbécile non plus. Tu peux te permettre de rêver à de tels plans, chérie, fit-il avec ironie. Mais moi je n’ai ni ton âge ni ton expérience. Si tes plans tournent mal, je ne donne pas cher de ma peau. Et je tiens à la vie.

    - Nous réussirons. Imagine tout ce que tu pourrais avoir, tout ce que nous pourrions faire.

    - J’ai besoin d’y réfléchir.

    Il avait lâché ses poignets et elle s’était un peu éloignée, désormais plus froide.

    - Très bien, mais ne réfléchis pas trop longtemps. Tu le sais je ne suis pas patiente. Viens chez moi demain soir et donne moi ta réponse alors.

    Elle quitta la pièce sans un mot de plus. L’aurore naissait tout juste, le vent matinal portant à ses narines l’odeur des brasiers. Il lui fallait prendre une décision, mais presque avec surprise, il réalisa qu’il avait déjà décidé de ce qu’il allait faire. C’était un tout fort complexe : il y avait eu la sensation désagréable de se faire manipuler, la volonté de domination de Lucrèce, toute dissimulée qu’elle fût, qui ne pouvait que rendre méfiant un être comme Philémon. Il y avait aussi cette manière dont elle avait parlé de trahison : si elle était capable de trahir ainsi son compagnon des derniers siècles, avec si peu d’atermoiement, pouvait-il raisonnablement lui faire confiance ? De l’autre côté, et il n’était pas ici question de loyauté, il connaissait à présent assez bien son clan pour savoir que ce n’était pas là qu’il risquait un couteau dans le dos. Oui il était terriblement tenté par une vie libérée de contraintes, oui il y avait de quoi rêver à une existence où il ne serait plus nécessaire de se cacher aux yeux des hommes, oui ce qu’elle lui avait fait miroiter trouvait un écho indéniable en lui.

    Pourtant dès que le soleil fut levé, couvert de pied en cap, la capuche bien rabattue sur un visage ayant perdu depuis longtemps ses couleurs méditerranéennes, le vampire s’était glissé jusqu’au repère d’une des bandes les plus violentes qu’il avait repérées. Des incendiaires, des pyromanes, violeurs et meurtriers. Ces hommes-là ne se battaient pas pour un idéal mais pour le goût de la violence. Il ne fut pas difficile de les convaincre d’incendier la demeure d’une « traîtresse » comme il la présenta. Dans l’encadrement d’une arche, Philémon ne bougea pas un seul moment, aussi immobile qu’une statue dont la silhouette aurait pu être athlétique sans ce petit quelque chose qui évoquait le chasseur au point de lui donner plus l'air du prédateur que du sportif. Depuis le moment où les hommes encerclèrent l’hôtel particulier déjà noirci par un incendie voisin c'est tout juste s'il avait battu des paupières. Il ne bougea pas plus lorsqu’ils y mirent le feu, ni lorsque les habitants mortels en sortirent pour échapper aux flammes pour se faire massacrer immédiatement pour les hommes, violer pour les femmes, les cris, les odeurs et les actes donnant comme un avant-goût de l’enfer. Il ne fit pas un mouvement quand certains Communards s’opposèrent aux incendiaires et finirent par s’enfuire face à une telle violence et une telle férocité. Philémon était bien placé pour savoir que Lucrèce s’était probablement enfermée pour le jour dans une cave qu’elle avait aménagée comme un palais où elle aimait à passer à des heures. Le vampire avait compté sur le fait que le feu serait déjà puissant lorsqu’elle chercherait à en sortir qu’il aurait déjà gagné l’ensemble du rez-de-chaussée. Il espérait avec une sorte de crainte qu’il n’y avait aucun passage souterrain qui pourrait la sauver, restait attentif au moindre mouvement, au moindre bruit annonçant qu’elle tenterait de sortir du bâtiment en flamme pour l’achever. Mais il n’entendit qu’un cri de douleur furieuse. Puis un autre où la souffrance prenait le pas sur la colère. Les rares mortels qui y prêtèrent attention le prirent pour le sifflement des flammes.

    Le vampire quitta enfin l’ombre du porche alors qu’une pluie printanière achevait d’éteindre le feu. Le soir commençait à son tour de tomber. Avec prudence, il s’avança au travers des décombres. Nul autre qu’un immortel n’aurait pu identifier ce tas de cendre. Des gouttes de plus en plus grosses tombaient au travers de la charpente éventrée, s’écrasait sur sa lourde capuche. De nouveau il était immobile, observant ce qui restait d’une femme qui avait été magnifique à bien des égards comme s’il pouvait encore la voir se mouvoir. Peu de sentiments l’atteignaient à ce moment, mais ceux-là étaient paradoxaux : d’un côté il éprouvait une calme satisfaction d’avoir fait ce qu’il fallait, pas tant par loyauté réelle, il n’avait que peu la notion de « devoir », que pour sa propre sécurité, peut-être aussi du fait qu’il tenait inexplicablement plus à la présence de ce clan qui était le sien plutôt qu’à la passion que lui évoquait une femme. Et c’était d’ailleurs ce qui était étonnant, il était rare que Philémon regrettât aussi peu que ce soit d’avoir été poussé à tuer. Seulement il fallait bien avouer qu’à présent qu’elle était morte, il était d’autant plus conscient de ce qu’avait représenté Lucrèce, avec son absence de limite, son appétit dévorant, sa sensualité. Un coup de botte dispersa les cendres.
    Elle avait peut-être été la femme à laquelle il avait été le plus attaché, mais il n’était pas question de regretter. Elle n’était plus rien. Quel gâchis... Pauvre sotte... Oui ils avaient été semblables, et c’était précisément pour cela qu’elle n’aurait jamais du lui faire confiance. Philémon avait retrouvé cette impression de calme et sérénité qu’il avait perdue dans la fièvre des dernières semaines. Il était temps de quitter Paris.

    Jamais il ne raconta ce qui s’était réellement passé ; d’après ce qu’il rapporta, il s’était éveillé au soir pour réaliser l’incendie qui avait frappé la demeure de Lucrèce dans la journée, et comme il le dit lui-même, c’était un signe évident qu’il était temps de laisser la ville derrière lui.




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Philemon Ornasti

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MessageSujet: Re: Philémon Ornasti   Dim 7 Déc - 19:22

Voilà, je pense avoir terminé, après une ultime relecture. J'espère avoir bien cerné le personnage et ne pas avoir fait de bêtises.^^'''
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Andreï Selivan
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MessageSujet: Re: Philémon Ornasti   Dim 7 Déc - 19:37

    Alors, alors, alors !
    Très jolie fiche dans son ensemble bien que le premier chapitre me paraît confus, mais le deuxième et le troisième sont très bien écrit, à vrai dire, ils sont parfaits, j'aime tout particulièrement le dernier qui nous permet de comprendre l'état d'esprit et la façon de fonctionner de Philémon.

    Donc, tu es dès à présent VALIDE, j'espère que tu t'amuseras parmi nous.

_________________
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MessageSujet: Re: Philémon Ornasti   

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